Entorse de cheville : que faire les premiers jours ?
Un faux pas en descendant un trottoir, une réception de saut ratée au volley, une randonnée dans le vignoble qui tourne mal : l’entorse de cheville est l’une des blessures les plus fréquentes, chez les sportifs comme chez les autres. Dans les premières heures, on ne sait pas toujours quoi faire. Faut-il mettre de la glace, immobiliser, continuer à marcher ? Voici les bons réflexes pour bien démarrer la récupération.

Reconnaître une entorse de cheville
L’entorse correspond à un étirement, voire une déchirure partielle ou complète, des ligaments qui stabilisent la cheville. Dans la grande majorité des cas, elle touche le côté externe, après une torsion du pied vers l’intérieur.
Les signes les plus courants sont une douleur immédiate, un gonflement, parfois un hématome qui apparaît après quelques heures, et une sensation d’instabilité à l’appui. L’intensité de ces signes ne dit pas toujours la gravité de la lésion. Une cheville très gonflée peut s’en sortir avec une entorse bénigne, et inversement.
Quand consulter sans attendre
Certaines situations demandent un avis médical rapide, car une fracture peut ressembler à une entorse. Consultez un médecin ou un service d’urgences si :
vous ne parvenez pas à faire quatre pas de suite en appuyant sur le pied, juste après l’accident et à l’examen ;
la douleur est vive à la palpation de l’os, à l’arrière ou à la pointe des chevilles (malléoles), ou sur l’os du milieu du pied ;
le pied est déformé, engourdi ou froid ;
vous avez entendu un craquement net au moment de la blessure.
Ces critères sont proches de ceux que les médecins utilisent pour décider d’une radiographie. En cas de doute, mieux vaut faire vérifier.

Les 2 à 3 premiers jours : protéger et soulager
Les recommandations actuelles ont évolué. L’ancien protocole « repos, glace, compression, élévation » a été complété par une approche plus active, résumée par l’acronyme PEACE.
Protéger. Pendant un à trois jours, évitez les mouvements et les charges qui font mal. Une attelle souple, une chevillère ou des béquilles peuvent aider si l’appui est douloureux. Il ne s’agit pas d’immobiliser la cheville durablement.
Élever. Placez le pied plus haut que le cœur lorsque vous êtes assis ou allongé, pour limiter le gonflement.
Éviter les anti-inflammatoires. Les données suggèrent qu’ils pourraient ralentir la cicatrisation des tissus. Les antidouleurs simples restent possibles, après avis de votre médecin ou pharmacien selon vos antécédents et traitements.
Compresser. Un bandage élastique ou un taping peut réduire le gonflement et rassurer la cheville.
Éduquer. Écoutez la douleur sans la craindre. Le repos strict prolongé n’est pas la meilleure option.
Dès que possible : remettre la cheville en mouvement
Une fois la phase la plus aiguë passée, le second volet, LOVE, prend le relais.
Charge progressive (Load). Reprenez la marche dès que la douleur le permet, en restant dans une zone de gêne tolérable.
Optimisme (Optimism). Un état d’esprit positif est associé à une meilleure récupération.
Vascularisation (Vascularisation). Une activité douce sans impact, comme le vélo d’appartement ou la marche, favorise la circulation et la cicatrisation.
Exercices (Exercise). Mobilité, renforcement, puis travail d’équilibre permettent de retrouver force et stabilité.
Pour une mobilité simple à faire chez soi, tracez doucement les lettres de l’alphabet avec le pied, plusieurs fois par jour, sans forcer.
Les erreurs à éviter
Continuer le sport « pour tester » dès le lendemain, au risque d’aggraver la lésion.
Rester allongé plusieurs jours sans bouger la cheville, ce qui entretient raideur et fonte musculaire.
Négliger la rééducation parce que la douleur a disparu. C’est la principale cause de récidive : une cheville mal rééduquée reste plus instable et se tord plus facilement.
Le rôle du physiothérapeute
Même une entorse « légère » gagne à être accompagnée. Le physiothérapeute évalue la gravité de l’atteinte, vous aide à choisir le bon niveau de protection et construit une progression adaptée à votre quotidien ou à votre sport. Il peut utiliser le taping pour sécuriser la cheville pendant la reprise, la thérapie manuelle pour retrouver la mobilité et le dry needling lorsque des tensions musculaires persistent.
L’objectif est de retrouver non seulement une cheville sans douleur, mais aussi une cheville stable, capable de se rattraper en cas de déséquilibre. C’est la meilleure façon d’éviter la récidive.

Prendre rendez-vous à Morges
Chez Physio Consult, nous accueillons les patients de Morges et de l’Ouest lausannois, avec une ordonnance médicale. Si vous venez de vous faire une entorse, ou que votre cheville ne s’est jamais vraiment remise d’un ancien faux pas, vous pouvez réserver votre créneau en ligne via OneDoc. Un parking est disponible à proximité du cabinet.



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